Lkhon Khol Wat Svay Andet inscrit sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente

AKP Phnom Penh, le 28 novembre 2018 —

Lkhon Khol Wat Svay Andet du Cambodge vient d’être inscrit sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, lors de la treizième session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel tenue du 26 novembre au 1er décembre à Port Louis, en République de Maurice.

C’est une autre grande fierté du Cambodge, le fruit des efforts du gouvernement royal du Cambodge sous la direction clairvoyante du Premier ministre Samdech Akka Moha Sena Padei Techo Hun Sèn, a annoncé le ministère de la Culture et des Beaux-Arts dans une annonce rendue publique cet après-midi.

Le lkhon khol de Wat Svay Andet est pratiqué par une communauté vivant autour du monastère bouddhiste de Wat Svay Andet – situé à 10 km à l’est de Phnom Penh sur le Mékong – et est interprété par des hommes portant des masques, accompagnés d’un orchestre traditionnel et de récitations mélodieuses. Le but spécifique est d’attirer les bonnes grâces des Neak Ta (des esprits gardiens d’un lieu et de ses populations) qui protègent et apportent la prospérité à la communauté, ses terres et ses récoltes. Lorsque le lkhon khol est interprété, des mediums sont présents et facilitent l’interaction entre les Neak Ta, les interprètes et les villageois. Quand les esprits sont satisfaits de la représentation, ils bénissent les villageois, sinon, les danseurs s’interrompent, la musique se poursuit et le public se tait et écoute attentivement les esprits.

Le lkhon khol est interprété à des fins rituelles, principalement en lien avec le cycle de la culture du riz et les besoins des communautés agricoles. La pratique est transmise oralement au sein de la communauté, et le moine supérieur et l’ancien directeur de l’école primaire ont récemment mis en place des cours supplémentaires le week-end et ont commencé à transcrire des épisodes choisis. Toutefois, après des générations de transmission, plusieurs facteurs menacent désormais la viabilité de l’élément, notamment des facteurs environnementaux, des ressources insuffisantes, la migration économique de la communauté et une interruption de quatorze années dans la transmission, entre 1970 et 1984, en raison de la guerre et du régime des Khmers rouges.

A noter que les autres patrimoines cambodgiens déjà inscrits sur la Liste du patrimoine mondial comprennent le Site historique d’Angkor enregistré au patrimoine mondial en 1992, la danse Preah Reach Troap (Ballet royal) et Lakhon Sbèk Thom (grand théâtre d’ombres) proclamés respectivement chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité en 2003 et 2005, le Temple de Preah Vihear du XIe siècle classé au patrimoine mondial en 2008, Teanh Prot (tir à corde), un jeu récréatif populaire, nommé un patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2015, Chapei Dang Vèng, un instrument traditionnel de musique à deux cordes et à long manche, enregistré sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente en 2016, et le Temple de Sambor Prei Kuk reconnu comme un patrimoine mondial en 2017.

 

(Photo: Ministère de la Culture et des Beaux-Arts)

Par C. Nika